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Rénover nos pratiques pour réconcilier les jeunes Français avec la politique!

14 octobre 2016
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Sandrine Charnoz-image logo huffSeuls 34% des 18-24 ans ont participé au premier tour des législatives de 2012 et moins de 29% se sont déplacés pour les élections européennes de 2014.

Les jeunes sont bien souvent décrits comme de « mauvais citoyens ». Abstentionnistes, désengagés, éloignés des partis politiques, les nouvelles générations seraient repliées sur elles-mêmes. Seuls 34% des 18-24 ans ont en effet participé au premier tour des législatives de 2012; moins de 29% se sont déplacés pour les élections européennes de 2014.

Pour autant, notre jeunesse est bien loin d’être détournée de la solidarité et du bien commun. Près de 5 millions de jeunes sont notamment engagés dans une association ou une action bénévole de toute nature. 110.000 d’entre eux vont effectuer un service civique en 2016.

Cette jeunesse est donc tout à fait prête à s’investir dans un projet collectif de long terme. Elle s’est simplement détournée de la politique que nous connaissons aujourd’hui. Cette politique a déçu. Elle a trop souvent été incarnée par une même classe d’âge, d’une même origine et du même sexe, dans laquelle notre jeunesse ne reconnaît plus sa diversité. Cette politique a fait du vote le seul moyen d’influencer les décisions communes sans aucune prise entre deux scrutins. L’incapacité des gouvernements successifs à transformer le réel a eu raison de la confiance entre la jeunesse et les institutions républicaines.

La réconciliation des jeunes avec la politique est loin d’être impossible. Elle passe par un renouvellement profond de notre démocratie. La Ve République a fait son temps. Le non-cumul des mandats y compris dans le temps, la redéfinition des rapports entre exécutif et législatif ou encore le développement de la démocratie participative sont autant d’urgences que nous ne pouvons plus ajourner.

Cette réforme constitutionnelle doit également être accompagnée par l’ensemble des acteurs de terrain. Collectivités territoriales, associations, entreprises, structures engagées auprès des jeunes doivent joindre leurs forces.

Les collectivités territoriales en particulier doivent assumer leurs responsabilités. C’est en effet au niveau local, au plus près de chez soi que se forment les premières étapes d’un engagement. La Ville de Paris a ainsi fait le choix de placer la démocratie locale au coeur de son action. Le budget participatif, 500 millions d’euros attribués par les Parisiens sans condition d’âge, donne l’exemple d’un dispositif participatif ambitieux et à grande échelle. Cet exercice est même décliné sous la forme d’un « budget participatif des écoles » permettant de s’initier dès le plus jeune âge aux enjeux de la vie en société.

Les missions locales ont également un rôle à jouer. Aux cotés de leurs missions d’insertion professionnelle, elles prennent bien souvent le relais de l’école dans l’acquisition des codes sociaux et la découverte de la vie publique. La Mission locale de Paris a par exemple créé des ateliers « citoyenneté » à destination des jeunes de la Garantie jeunes. L’État doit encourager toutes ces initiatives en consacrant des crédits au portage de projets citoyens par les enseignants et les éducateurs. Il doit également renforcer son engagement au sein de la Garantie jeunes, afin de permettre à chacun d’accéder à un socle de codes et de compétences permettant émancipation et insertion professionnelle.

La loi Égalité et citoyenneté débattue en ce moment au Parlement est l’occasion idéale pour faire passer un message fort. C’est l’occasion de rappeler que l’égalité est la condition première de la citoyenneté. Comment demander en effet la participation de jeunes issus de quartiers où les discriminations s’ajoutent au chômage, où les services publics reculent chaque jour davantage et où les contrôles au faciès se multiplient? Comment demander à une génération d’épouser la République et ses valeurs quand presque deux millions d’entre eux sont sans emploi et que 100.000 quittent chaque année le système scolaire sans qualification?

Les propositions récentes concernant le retour du service militaire ne font que souligner notre échec pédagogique en la matière. Les jeunes auraient un problème générationnel avec l’autorité et il suffirait que le soldat prenne le relais de l’instituteur pour leur faire entendre raison. Mais la République ne s’enseigne pas, elle se suscite. C’est quand ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité sont une réalité dont chacun peut faire l’expérience que se forment la fierté de la France et le désir de participer à son destin.

Vivement une nouvelle République, rajeunie, métissée, tournée vers l’avenir, dans laquelle notre jeunesse pourrait enfin se retrouver!

http://www.huffingtonpost.fr/sandrine-charnoz/renover-nos-pratiques-pour-reconcilier-les-jeunes-francais-avec/?utm_hp_ref=fr-politique

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